- Ligue des nations
- J4
- France-Belgique (4-1)
Olise – Doué – Cherki : des étoiles dans les Bleus

Dans un match mal embarqué face aux Diables rouges, il n’aura fallu qu’un quart d’heure au trio Olise - Doué - Cherki pour mettre le feu au Stade de France. Et maintenant, on a envie de les revoir.
Aussi amicales puissent être des affiches de Ligue des nations contre la Turquie, l’Italie et la Belgique, cette trêve de début de saison aura permis de tirer quelques enseignements : il y a le sélectionneur, avec toute cette folie qui l’entoure, et surtout des joueurs. Ils étaient trois, ce lundi soir, à faire le spectacle dans un dernier quart d’heure passé en apesanteur au Stade de France. Désiré Doué (1 but, 2 passes décisives), Michael Olise (1 passe décisive, 2 buts) et Rayan Cherki (1 but) ont amusé la galerie et renvoyé la Belgique au Plat Pays. Le premier ne peut pas être mis de côté, mais c’est la connexion entre les deux derniers cités qui a peut-être pris une autre dimension, espérons-le pour les Bleus et nos yeux.
Une attaque qui se cherche
Deux jeunes hommes dont le talent peut mettre cette équipe de France sur orbite, mais qui avaient tendance à graviter autour de la surface. Une frustration qu’on a ressentie lors du premier match de ZZ sur le banc tricolore, dans la brume d’Izmit. Un match assez faible délivré par un but de Kylian Mbappé qui déclarera forfait au coup de sifflet final, mais personne ne se fait de soucis. Surtout pas Cherki à ce poste de relayeur : « C’est un rôle que j’affectionne, je suis au cœur du jeu, je peux aider mes partenaires de la meilleure des manières. On n’a eu que trois séances, mais on sent les préceptes qu’il essaie de nous inculquer. Avoir le ballon, faire tourner le ballon, aujourd’hui, la qualité qu’on a mis là-dedans, nous-mêmes on s’est surpris. »
Surpris, c’est l’émotion qu’on a tous eue sept jours plus tard, au beau milieu d’un France-Italie plus difficile qu’il n’en avait l’air. Alors que les deux jouaient encore leur rôle d’astre autour des cages, une première météorite frappa le public avec cette combinaison sur coup franc. Une semelle de Rayan, une comète de Michael Olise. Avec le vœu que ces deux-là puissent briller jusqu’au coup de sifflet final. Mais en dehors de différences individuelles ou d’efforts sur les deux tableaux du meneur de Manchester City, tout portait à croire à l’étoile filante.
Les roublards de la Nazionale reviendront au score, et plongeront les Bleus dans le doute. Faut-il laisser les clés de l’attaque à deux joueurs qui ne semblent pas complémentaires, ou chercher des alternatives ? Comme ce duo entre Maghnes Akliouche et Désiré Doué, qui semble s’être trouvés plus facilement en Belgique. La question taraude depuis un an déjà, mais elle ne semblait pas avoir de réponse. Les rumeurs lancées par L’Équipe, d’une entente juste cordiale entre les deux meneurs, auraient apporté de l’eau à ce moulin.
Les frères lumière
Dans cette zone grise, aucun des deux lascars ne sera aligné d’entrée pour le deuxième match au Stade de France, alors que Cherki avait éteint les rumeurs en parlant d’une « invention ». Les deux joueurs auront eu le temps de ronger leur frein sur le banc, et si Doué a lancé les hostilités, la connexion entre Olise et Cherki n’avait jamais semblé aussi évidente que lors de ces quelques minutes sur le gazon de Saint-Denis. Place à la magie : cinq minutes après l’égalisation, Olise s’en va pour une nouvelle chevauchée côté droit, mais sans Cherki auprès de lui. Cette fois, le Gone attaque pile vers l’axe, tel un neuf et le numéro qu’on lui a greffé sur le dos. Bingo. Les assauts se multiplient, et Désiré Doué prend la liberté de jouer sur le côté droit, histoire d’offrir des combinaisons. Ou même de lancer le Bavarois en profondeur, histoire de lui offrir la barre des dix buts en EDF et un score cinglant (4-1).
« Olise Ballon d’or »… Le Stade de France avait choisi son camp, et Zinédine Zidane n’a pas échappé à la question en conférence de presse un peu plus tard, quand le silence était revenu dans les tribunes : Olise est-il aujourd’hui le meilleur joueur du monde ? Le patron a souri et a répondu sans répondre : « Olise ? (Rires.) Je n’ai rien à dire. C’est juste exceptionnel ce qu’il fait. » Cherki, lui, avait beaucoup plus à raconter : « Contrairement à ce que certains peuvent dire, je vais commencer à plus réagir parce que tout ce que dit la presse concernant tous les joueurs, il ne faut pas écouter. On a vraiment une cohésion de groupe extraordinaire. Vous ne le voyez pas, parce que c’est en privé, mais j’ai rarement connu un groupe qui vit aussi bien. Ça se ressent sur le terrain. »
Pour Rayan Cherki, c’est super compliqué de ne pas prendre énormément de risques.
Toujours très bon client, le gamin du 3e arrondissement de Lyon n’a pas manqué de saluer le boss : « Zidane a pris tous les joueurs de la même manière, pas un plus que l’autre ou moins que l’autre. Il discute avec tout le monde, de la pluie et du beau temps. Aujourd’hui, il nous inculque des fondamentaux importants, comme avoir le ballon. » Tout en approfondissant sur les réflexions autour son rôle et son apport : « Prendre des risques ? C’est une discussion que j’ai eue ce matin avec David Bettoni. Je lui ai dit que j’étais un peu frustré des deux premiers matchs parce que je n’ai pas pris énormément de risques. Pour Rayan Cherki, c’est super compliqué de ne pas prendre énormément de risques. Ça m’a beaucoup travaillé, et je lui ai dit : “Ce soir, quoi qu’il arrive, je prendrai un peu plus de risques. Il est temps que je montre ce que j’ai sous le pied.” Il m’a dit : “Vas-y, fais-toi plaisir”, et je suis d’autant plus heureux de ça. » D’un coup, après trois semaines de trêve internationale, on aurait presque envie de revoir Olise, Cherki et Doué réunis sous le même maillot le plus vite possible.
Les gagnants et les perdants du rassemblement des BleusPar Mathieu Plasse













































